La médiation familiale, en s'assurant que les décisions familiales sont prises par le couple, en tant qu'entité, et non unilatéralement par chacune des personnes constituant le dit couple, participe à l'unité parentale en s'opposant à la tendance dictée par la stricte loi de l'individualisme.
Petit à petit se construit ainsi la cohésion familiale, fondement de la cohésion sociétale.
La cohérence sociale, qui naît de cette discipline familiale, s'oppose ainsi à celle fondée sur la seule règle du
chacun pour soi.
Il ne s'agit pas d'un conseil conjugal (propre aux époux et très éloigné pour l'enfant), mais de l'apprentissage et de l'exercice d'une pratique commune (propre à la parentalité) au coeur de laquelle chacun se met à adopter le point de vue de l'autre, avant d'agir seulement, et seulement
comme cela l'arrange.
L'effet structurant pour la cellule familiale forme un exemple de proximité pour l'enfant d'un mode de fonctionnement qui le frustre de celui de tous les regards centrés sur sa petite personne. Celui-ci générant souvent une personnalité dans laquelle tout est dû à l'enfant, et le sentiment d'incompréhension qui s'en suit lorsque ce dû, exclusif et excluant, n'est pas au rendez-vous. Ce sentiment favorise la révolte.
Par ailleurs, ne dit-on pas que
c'est par la frustration que l'enfant grandit ?
Si l'on observe que la frustration d'un des deux parents, voire des deux, conduit souvent l'enfant vers des troubles de l'identité et du comportement, ce type de frustration n'engendre pas un effet éducatif vertueux.
La frustration ne doit pas être un manque, mais l'exercice d'un conflit personnel que l'enfant doit apprendre à dépasser (à transcender) pour se positionner lui-même dans le groupe familial, grâce au concours de l'exemplarité parentale.
L'enfant forme ainsi ses premiers pas vers sa liberté. Il apprend à autodéterminer ses champs d'investigation, et se fixer ses propres limites, relativement aux autres, dans les premières mises en situation de son existence. Les apprentissages scolaires sont validés par les prolongements quotidiens de la vie familiale, et réciproquement.
L'enfant n'est plus
un suiveur subissant un mouvement ambiant, mais
un acteur de la formation de son propre mouvement existentiel.
L'autorité parentale conjointe est aussi celle que l'enfant doit s'administrer lui-même à terme, en ayant saisi tous les tenants et les aboutissants du choix qui fait autorité dans sa propre famille, physique et idéologique.
Grandir en évitant la délinquance, c'est apprendre à respecter autrui, mais aussi à se faire respecter.
L'école familiale qui apprend à former une prise de décision par la respect de l'avis de l'autre, et dans le respect de tous les avis exprimés, c'est à dire dans la compréhension des intérêts en présence, permet de lutter contre la délinquance.
Beaucoup plus largement, la mutualisation des familles fonctionnant de la sorte vient au soutien d'une société forte de ses liens, en sachant pratiquer l'observation de l'altérité démocratique dans ses tissages relationnels, ses possibilités et ses réserves.
La décision qui l'emporte n'est pas celle de telle ou telle communauté au pouvoir privilégié, mais celle qui fédère toutes les communautés dans un rapport républicain. C'est la force du milieu, au sens de choix médian, qui triomphe.
La réaction de catastrophe (dont délinquance) potentielle à toute décision dirigiste ou communautariste peut être évitée.
Ainsi est ma vision de la médiation, non seulement dans le cadre familial, mais avec transversalité à tous ceux de la société civile, française et européenne.