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La gloire de mon père, que je n'ai jamais connu et d'autant plus géniale qu'il l'ignorait lui-même, c'est que lors de sa séparation conjugale il n'a jamais sollicité la justice familiale française.
Il savait seulement que l'action judiciaire était perdue d'avance pour lui et qu'il n'aurait aucune possibilité de conserver un lien avec ses enfants.
Notre mère nous a parfaitement élevés et nous n'avons manqué de rien, ou presque de rien.
Mon père m'a laissé un héritage sans le savoir. Je n'ai de cesse, au travers de ses propos lorqu'elle aborde ce sujet de conversation, de déculpabiser dans sa vieillesse ma mère de nous avoir privés de notre père. Heureusement, elle ne réalise même pas cette obligation (que j'affecte à mes devoirs humains intimes) que j'ai de la pacifier en permanence avec elle-même.
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Le secret d'une autorité, quelle qu'elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu'ils sont coupables."
Raoul Vaneigem, extrait de : Le Livre des plaisirs.
Je ne pense pas que mon père souhaitait culpabiliser ma mère. Je sais qu'il n'avait pas assez de vice pour agir ainsi. Elle s'est culpabilisée elle-même.
Cela, je l'ai compris dans mon propre divorce. Les JAF ne cessent de me dire : "
Voyez votre avocat."
Et lorsque je vois mes avocats (j'en suis au dix neuvième sollicité depuis le début de ma propre affaire familiale), ceux-ci écrivent "
sous toutes réserves" et finissent par me dire oralement, lorsque tombe une ordonnance, des petites phrases renvoyant mon attention vers le JAF.
Ce qui parvient à presque réussir à me faire lâcher prise juridiquement.
Mais je reste, par apprentissage, marathonien dans l'âme pour ce qui concerne la saisie de mes responsabilités parentales et du juste et équitable partage que je dois en faire avec leur mère.
Pour conclure, c'est d'ailleurs ce que me confirme en tous points l'écoute silencieuse de nos deux propres enfants.
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